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Inondations à Ksar El Kébir – Abdeslam El Aziz : « L'évacuation vers l’inconnu n’est pas une solution »

Inondations à Ksar El Kébir – Abdeslam El Aziz : « L'évacuation vers l’inconnu n’est pas une solution »

Abdeslam El Aziz, secrétaire général du Parti de la Fédération de la Gauche Démocratique, a alerté, dans une publication consacrée aux inondations frappant la ville de Ksar El Kébir, sur la gravité de la situation et ses lourdes répercussions humaines et sociales. Selon lui, la ville traverse une phase critique marquée par l’angoisse et la peur, face à des risques exceptionnels menaçant directement les habitants.

Revenant sur son vécu personnel en tant qu’enfant de la ville ayant connu les inondations de 1963, 1971 et d’autres épisodes similaires, Abdeslam El Aziz estime que la situation actuelle dépasse le simple stade de l’alerte et de la recherche des responsabilités. Il appelle à une gestion responsable et rationnelle de la crise, mettant en garde contre les décisions précipitées et les mesures d’urgence improvisées, notamment les appels à une évacuation immédiate et massive, susceptibles d’alimenter la panique parmi la population.

Il souligne que demander aux habitants de quitter leurs domiciles sans indiquer de destination sûre et clairement définie, ni garantir la protection de leurs biens et effets personnels, est inacceptable. Pour lui, une évacuation des populations vers l’inconnu ne saurait constituer une réponse adéquate, quelles que soient la gravité et l’urgence de la situation.

Dans le même temps, le responsable politique a salué les efforts déployés par les différentes institutions de l’État afin d’éviter des pertes humaines, de mettre en place des centres d’hébergement pour certains sinistrés et d’assurer la gratuité du transport lors des opérations d’évacuation. Il a également mis en avant l’élan de solidarité manifesté par les habitants de Ksar El Kébir et, plus largement, par ceux des villes du Nord, mobilisés pour venir en aide aux personnes déplacées.

Il a toutefois rappelé que ces initiatives, malgré leur importance, ne peuvent se substituer à l’État dans l’exercice de ses prérogatives régaliennes. À cet égard, il a cité les articles 21 et 31 de la Constitution, qui consacrent la protection de la sécurité des citoyens et la garantie de conditions de vie dignes comme des obligations fondamentales des pouvoirs publics, d’autant plus que la catastrophe menace environ 125 000 personnes, dont une large partie vit déjà dans des conditions de vulnérabilité.

Selon Abdeslam El Aziz, l’annonce d’une évacuation totale de la ville impose désormais l’activation urgente de la loi n° 110.14 relative à la gestion des catastrophes, ainsi que la déclaration immédiate de Ksar El Kébir et de ses environs comme « zone sinistrée », afin de permettre la mobilisation rapide des moyens financiers et logistiques nécessaires.

Il estime également que cette décision doit s’accompagner de l’ouverture de l’ensemble des centres de vacances publics et semi-publics actuellement fermés dans les villes du Nord pour accueillir les familles déplacées. Il appelle en parallèle à l’implication du secteur privé afin de mettre à disposition des espaces d’hébergement alternatifs garantissant la dignité des sinistrés et des conditions d’accueil décentes.

Le secrétaire général de la Fédération de la Gauche Démocratique a par ailleurs attiré l’attention sur les conséquences économiques sévères qui pourraient toucher près de 33 000 familles, dont une majorité risque de perdre ses sources de revenus; salariés, commerçants et travailleurs de métiers modestes, en raison de l’arrêt prolongé de leurs activités.

Il a rappelé qu’un citoyen privé de revenu ne peut faire face aux charges de la vie quotidienne, soulignant que la responsabilité des autorités est aujourd’hui considérable et qu’il n’y a pas de place pour l’improvisation ni pour des solutions provisoires. Selon lui, la protection des vies humaines passe d’abord par la mise à l’abri des populations, mais ne peut être complète sans la garantie de moyens de subsistance dignes.

Abdeslam El Aziz a conclu sa publication en appelant à une mobilisation collective et responsable, plaçant la dignité humaine et la sécurité des citoyens au cœur de la réponse à cette catastrophe naturelle, tout en exprimant l’espoir que la ville de Ksar El Kébir et ses habitants soient préservés de toute issue dramatique.