Le choix symbolique de M’diq
Lors d'une journée d'étude nationale sur la migration organisée le 24 janvier 2026, Abdeslam EL Aziz a affirmé que le choix de la ville de M’diq pour cet événement n'était pas neutre. C'est une décision politique chargée de sens : la ville, située à quelques kilomètres de Ceuta "spoliée", illustre le fossé béant entre un Sud marginalisé et un Nord fortifié. Pour lui, cette zone est le théâtre de tragédies humaines où la jeunesse marocaine, poussée par le chômage et l'absence d'horizon, risque sa vie face aux barbelés ou en mer.
Souveraineté et frontières coloniales
Le Secrétaire Général de la FGD a rappelé la position constante du parti : Ceuta, Melilla et les îles adjacentes sont des territoires marocains sous occupation.
Un héritage colonial persistant : Ces enclaves ne sont pas de simples vestiges historiques, mais une réalité politique qui fragilise la souveraineté nationale.
Des foyers de tension : Ces frontières transforment la région en zones de conflit permanent et contribuent directement aux drames migratoires.
Libération et démocratie : La "libération" de ces territoires est indissociable du combat pour la démocratie, la justice spatiale et la construction d'un espace méditerranéen fondé sur la coopération plutôt que sur la militarisation.
Critique des politiques internationales et européennes
Abdeslam Aziz a fustigé le contexte international actuel :
Montée de l'extrême droite : Le durcissement des politiques européennes et les discours racistes transforment la Méditerranée en un "cimetière collectif".
Le rôle de "Garde-frontière" : Il refuse que les pays du Sud, dont le Maroc, supportent le coût de l'échec du système international en devenant les simples gardiens des frontières de l'Europe.
Crise multidimensionnelle : La migration n'est plus un simple phénomène social, mais le symptôme d'une crise politique et économique profonde.
Les multiples visages de la migration
L'intervention a mis en lumière deux aspects majeurs de la crise migratoire :
Migration irrégulière : Elle est décrite comme un "cri de protestation" contre la marginalisation et l'absence de justice sociale.
Fuite des cerveaux : Un "saignement dangereux" qui vide le pays de ses médecins, ingénieurs et chercheurs.
Situation des Marocains du Monde : Les nouvelles générations font face à une discrimination croissante et à une privation de pleine citoyenneté.
Accueil au Maroc : El Aziz a également pointé du doigt la précarité juridique et sociale des migrants et réfugiés au Maroc, jugeant qu'elle ne correspond pas à un État censé placer les droits de l'homme au cœur de ses choix.
Contre les discours de haine
Un avertissement sérieux a été lancé contre la montée du discours de haine et du racisme au Maroc, que ce soit dans l'espace public ou sur les réseaux sociaux. L'utilisation d'incidents isolés ou d'événements sportifs pour attiser les tensions menace la paix sociale et contredit l'identité africaine du Maroc.
Pour une approche alternative
En conclusion, Abdeslam El Aziz a souligné l'échec des approches purement sécuritaires :
La militarisation et les expulsions forcées ne freinent pas la migration tant que les causes structurelles persistent.
Il appelle à une rupture avec la logique du "garde-frontière" et à une révision des politiques publiques.
La solution : Lier la question migratoire à la transition démocratique et à l'édification d'un État social réel garantissant l'emploi, la dignité et les libertés.
L'objectif de cette journée d'étude est de proposer une vision alternative et démocratique qui place l'humain au centre, afin que le Maroc ne soit plus un pays qui "exporte ses enfants par la force".
